Me rappeler
Références client
Aperam
Louis Vuitton
Brioche dorée
APDC
Safran
SODIAAL
RATP
Carrefour
Enedis
SNCF
Microsoft
Premier ministre
Danone
Bouygues Télécom







    Interview – Léonor Lançon, scénariste du spectacle « Le Dîner de comptables »

    Origine du projet

    A quelle occasion avez-vous écrit cette pièce ?

    J’avais déjà écrit une première pièce pour l’APDC. Celle-ci a rencontré un tel succès, que le client a souhaité renouvelé l’aventure avec une deuxième pièce !

    À quel moment avez-vous compris que la comptabilité pouvait devenir un véritable terrain de comédie ?

    Très vite. Finalement, comme pour tout métier, il s’agit avant tout de relations humaines, d’obstacles, d’incompréhensions, de tensions…Le jargon et les problématiques purement métier ont-elles aussi été tout de suite une source évidente de comédie.

    Personnages

    Chacun des personnages semble incarner une vision différente de la comptabilité. Comment les avez-vous construits ?

    Je me suis basée sur des archétypes liés au métier, mais aussi générationnels. Le jeune contrôleur de gestion par exemple, cherche son intitulé de poste idéal, tandis que le patriarche, professeur, se plaint de la financiarisation de la comptabilité. 

    Gérard, Claire, Xavier, Victor et Hortense représentent-ils des archétypes que vous avez rencontrés dans la réalité ?

    Pas spécifiquement, mais ils permettent d’illustrer des situations rencontrées dans la réalité.

    Enjeux des métiers de la comptabilité

    La pièce montre des comptables confrontés à des injonctions parfois contradictoires. Était-ce important pour vous de mettre en lumière cette réalité ?

    Oui, car c’est une des dures réalités des comptables. On leur demande beaucoup, sans connaître les défis complexes de leur métier.

    Le thème des "héros de l'ombre" revient régulièrement dans la pièce. Pourquoi cette idée vous semblait-elle importante ?

    Les comptables sont très souvent invisibilisés. Dans la pièce, le personnage de Xavier dit : « quand on en est à appeler son comptable, c’est qu’il y a un gros problème ». C’est une réalité rencontrée par beaucoup, on ne les sollicite que quand les choses ne vont pas, sans se rendre compte de tout ce qu’ils font au quotidien.

    L’humour

    Comment trouve-t-on le juste équilibre entre précision technique et humour lorsqu'on écrit pour des professionnels du chiffre ?

    Il s’agit de provoquer un « effet miroir », il faut donc que les situations évoquées soient crédibles. Dans le cas des métiers comptables, on est dans une précision technique assez grande. Je me devais donc d’être précise. En revanche, je me suis permis des exagérations, des fictions pures et des décalages, qui créent du comique. L’humour vient aussi beaucoup des intentions et du jeu des comédiens.

    Certaines scènes sont totalement déjantées (les Cro-Magnons, les Romains, les réunions IFRS absurdes), comment naissent ces idées ?

    Très vite, il m’ a semblé intéressant de tordre la réalité, en m’inspirant de problématiques actuelles décalées dans le passé ou dans des projections futuristes. Cela permet un effet grossissant de tendances existantes. Ces capsules permettent des respirations loufoques.

    Sur les messages de fond

    La pièce interroge beaucoup la notion de vérité : vérité comptable, vérité économique, vérité racontée aux investisseurs. Est-ce l'un des fils rouges de votre écriture ?

    Oui, tout à fait. J’ai découvert en écrivant cette pièce qu’il n’existait pas une seule vérité comptable. Qu’elle était aussi liée à une culture, une époque. J’ai trouvé cela passionnant. Par ailleurs, les comptables sont des gardiens du temple, des garde-fou. Or ils sont confrontés à de multiples exigences et demandes d’adaptation. Dans une certaine mesure, cela leur demande d’être créatifs, mais aussi de savoir poser des limites pour ne pas tordre une réalité comptable.

    Selon vous, qu'est-ce que cette pièce raconte finalement de notre rapport contemporain aux chiffres ?

    Elle parle davantage de narration financière et du poids des investisseurs dans une société mondialisée. Et sans doute, du fait que nous avançons parfois dangereusement dans une ère ou certains prennent la liberté de faire dire n’importe quoi aux chiffres.

    Qu'espérez-vous que les spectateurs retiennent une fois le rideau tombé ?

    J’espère que les comptables seront fiers de ce qu’ils accomplissent, et que les autres prendront conscience de tout leur travail. Un travail qui protège l’entreprise de ses propres dérives. J’espère aussi, de façon plus globale, qu’il sera une piqûre de rappel sur le fait qu’on ne peut pas tout accepter, et qu’il faut parfois oser dire non.