Le burn-out n’est pas une fatalité !

Nous savons aujourd'hui que ce phénomène d'épuisement professionnel est la responsabilité de tous.

Isabelle Grolier, scénariste, conceptrice et comédienne chez Théâtre à la Carte, nous explique comment elle écrit une saynète sur le thème du burn-out.

Pourquoi  écrire une saynète sur le burn out ?

Le burn out est un phénomène qui court très vite de nos jours. Nous connaissons tous une personne plus ou moins proche qui nous a confié : «j’ai traversé le burn out». Il est évident pour Théâtre à la Carte d’avoir vocation à traiter ce sujet. Nous savons maintenant que ce phénomène d’épuisement professionnel  est la responsabilité de tous.

Il est de notre propre responsabilité en tant qu’individu de faire attention à notre équilibre mais il est également de la responsabilité de l’entourage professionnel d’être attentif. Le collaborateur lui même, le collègue ou le manager peuvent jouer un rôle pour l’éviter. C’est pour cette raison que ces trois protagonistes existent dans la saynète. Ce sont des sketches au travers desquels on découvre un collaborateur montrant différents signes avant coureurs du burn out. On observe ensuite comment son manager et ses collègues réagissent. On découvre les réactions qui peuvent aggraver la situation et celles qui pourraient déjouer le syndrome.

Le burn out n’est pas un monstre extérieur qui va nous dévorer tout cru sans qu’on ne puisse agir. Il y a des actions simples à mener pour l’enrayer au quotidien dans une entreprise. Pour cela, il faut être informé des causes et des symptômes. C’est le but de ces saynètes : informer de façon ludique. C’est en quelque sorte un guide pratique pour prévenir plutôt que pour guérir. Aider à être vigilant en amont et ainsi éviter la maladie. Le proverbe « Une personne avertie en vaut deux » est valable pour le burn out.

Pourquoi le théâtre ?

Le théâtre a la fonction de parler des sujets humains importants. Le burn out reste un sujet délicat à aborder de façon directe en entreprise. Il m’ait apparu évident que mon métier d’auteur à Théâtre à la carte, pouvait aider les entreprises qui le souhaitent à communiquer sur le sujet. Il est aussi évident que les relations humaines entrent en jeu dans la prévention du stress au travail.

Pourquoi ces signes avant coureurs en particuliers ?

Je n’ai pas choisi tel ou tel signe. Ce sont des signes avant coureurs qui ont été observés par les médecins et les personnes touchées. Je me suis beaucoup documenté, j’ai interviewé des professionnels et j’ai mis en scène les signes reconnus comme étant les  plus fréquents. J’ai utilisé la forme scénaristique pour mettre en scène la parole des experts.

Pourquoi faire rire sur le sujet ?

Le rire dans la saynète Non au burn-out ! n’est pas un but, c’est un moyen de retenir un geste, une parole, une attitude qui peut entrainer un changement vers le positif. Le rire est une des vertus du théâtre et il agit dans des zones émotionnelles que les discours n’atteignent pas. On n’oublie rarement ce qui nous a fait rire. Le rire permet de graver dans son esprit des informations très sérieuses.

Vous donnez des pistes pour éviter le burn out, quelles sont vos sources d’inspiration ?

Les mots et les attitudes montrées sur scène qui peuvent éviter le burn out, je ne les ai pas inventé, en fait je n’ai rien inventé. Tout ce qui est dit est la synthèse de témoignages et de conclusions d’experts qui se sont penchés sur le phénomène. Je les ai mis en situation en y glissant de l’humour. Je n’ai rien déformé pour faire rire car en général on fait rire lorsque la situation est juste. Les personnages donnent des pistes de bons réflexes à avoir en cas de symptôme de burn out dans une équipe. Ce ne sont que des suggestions pour ouvrir le dialogue. La saynète est une forme de discussion ouverte entre l’auteur, les acteurs et les collaborateurs/spectateurs… pour aider les entreprises qui le souhaitent en en parler.

Qu’est-ce qu’apporte l’humour sur un sujet si grave ?

Le rire encourage. Il provoque l’optimisme. Lorsque l’on rit d’une chose on en a moins peur et on se sent moins impuissant face à elle. Je le dis en introduction de la saynète «Le burn out n’est pas une fatalité». Le rire démontre que le burn out n’est pas plus fort que nous. Enfin,  quand on rit on se sent tellement mieux…