Sécurité au travail : l’affaire de TOUS

De mauvaises pratiques en matière de sécurité et de santé au travail coûtent cher aux entreprises.

Les chiffres sont alarmants. Toutes les 15 secondes, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liée au travail. Toutes les 15 secondes, 153 travailleurs sont victimes d’un accident lié au travail.

Chaque jour dans le monde, 6 300 personnes meurent d’un accident du travail ou d’une maladie liée au travail – soit plus de 2,3 millions de morts par an. La plupart des 317 millions d’accidents qui se produisent chaque année provoquent des absences prolongées du travail. Le coût humain de cette menace quotidienne est considérable et on estime que le fardeau économique des mauvaises pratiques en matière de Sécurité et Santé au Travail (SST) représente, tous les ans, 4 % du produit intérieur brut.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) coordonne une journée mondiale de la Sécurité et de la Santé au Travail qui se tiendra le 28 avril, pour sensibiliser le public sur les accidents et les maladies liées au travail et aux conditions de travail. L’objectif est de faire de la sécurité et de la santé de tous les travailleurs une grande cause internationale et de stimuler et soutenir les actions concrètes à tous les niveaux.

Un atout pour l’entreprise

En cette période de «crise économique», il est important de rappeler que de mauvaises pratiques en matière de sécurité et de santé au travail coûtent cher. Qui plus est, des études de cas révèlent qu’une bonne gestion de la SST au sein d’une entreprise s’accompagne d’une augmentation de ses performances et de sa rentabilité. Si la SST est négligée, tout le monde est perdant: depuis les travailleurs jusqu’aux systèmes nationaux de santé. Mais cela signifie aussi que l’amélioration des politiques et pratiques dans ce domaine peut être bénéfique pour tous.

Les pays dont les systèmes de sécurité et de santé au travail ne sont pas de bonne qualité emploient des ressources précieuses pour faire face à des blessures et des maladies qui auraient pu être évitées. Une stratégie nationale forte présente de nombreux avantages, tels que :

  • productivité accrue en raison d’une réduction des absences pour maladie,
  • réduction des coûts des soins de santé,
  • maintien au travail des travailleurs plus âgés,
  • promotion de l’emploi de technologies et de méthodes de travail plus efficaces,
  • diminution du nombre de personnes devant réduire leurs heures de travail pour s’occuper d’un membre de la famille.

Une prise de conscience nécessaire

Il est essentiel que les décideurs politiques prennent conscience des coûts engendrés par une SST médiocre voire inexistante. Certains de ces coûts sont évidents, comme par exemple la perte de jours de travail et les indemnisations associées. D’autres sont toutefois plus difficiles à évaluer, tels que le coût de la souffrance humaine. Il se peut aussi que l’impact économique des accidents sur le lieu de travail et des blessures d’origine professionnelle sur la société soit dissimulé. Pensons, par exemple, à une diminution du moral du personnel ou à la perte de clients et de contrats. Les estimations varient, justifiant la nécessité de recherches supplémentaires, mais généralement et comme cela a été précisé en début d’article, le coût des accidents au travail et des maladies professionnelles peut représenter jusqu’à 4% du PIB dans la plupart des pays.

Des avantages évidents pour les entreprises

Si une mauvaise gestion de la sécurité et santé au travail a un coût pour les entreprises, une bonne gestion de celle-ci peut rapporter gros. Ainsi, les entreprises présentant des normes de sécurité et de santé plus élevées réussissent mieux et sont plus perennes.

Des études estiment que chaque euro investi dans la SST en rapporte 2,2 et que le rapport coût-bénéfice en matière d’amélioration de la sécurité et de la santé est positif. Les avantages économiques d’une bonne politique en matière de gestion de la santé et de la sécurité au travail pour les petites et grandes entreprises sont considérables. Pour ne citer que quelques exemples :

  • amélioration la productivité des travailleurs,
  • réduction de l’absentéisme,
  • réduction des indemnisations,
  • réponse aux exigences des clients des secteurs public et privé.

Incitations économiques

Partout en Europe, des plans ont été mis en place afin de récompenser financièrement les organisations disposant d’un lieu de travail sûr et sain. Parmi ceux-ci:

  • une réduction des primes d’assurance,
  • des exonérations d’impôts,
  • des subventions publiques,

Par exemple, dans le secteur de la boucherie en Allemagne, les entreprises actives ont vu leurs primes réduites en échange d’actions de promotion de la sécurité (notamment en achetant des couteaux de sécurité ou en prodiguant une formation en matière de sécurité aux chauffeurs/livreurs). Le programme d’incitation s’est traduit par 1 000 accidents signalés en moins par an dans le secteur en Allemagne, une réduction des coûts évaluée à 40 millions d’euros en six ans et une économie de 4,81 euros pour chaque euro investi. L’offre de plans de ce type permet évidemment aux assureurs de réduire le nombre, la gravité et les coûts des sinistres.

Dans les entreprises, dans vos entreprises, la gestion de la politique de santé et sécurité au travail émane souvent de la direction, mais elle reste l’affaire de toutes et tous… par des gestes simples, des réflexes, des postures et surtout une attention quotidienne à adopter.