Perdu sans son smartphone ?

Sept français sur dix possèdent un smartphone et y passent en moyenne plus de 2h par jour, ce qui correspond à presque deux journées de travail par semaine !

Chez les jeunes, le phénomène est encore plus prononcé et le chiffre atteint, en moyenne,  3h30 d’utilisation quotidienne.

Les conséquences de cette utilisation intempestive ne sont pas sans risque. Des symptômes physiologiques liés à l’utilisation abusive du smartphone se développent : la tendinite du pouce ou des lésions nerveuses au niveau du coude. Au-delà de ces symptômes, une nouvelle « maladie » voit le jour : la nomophobie, contraction de l’anglais « no mobile phone phobia ».

La nomophobie est un terme récent qui désigne la peur de ne pas avoir son smartphone à portée de main. Le terme phobie désignant une véritable névrose. Elle a été révélée par une étude conduite par la UK Post Office en 2008 dont les résultats ont montré que 53% des utilisateurs de smartphone présentaient des symptômes d’anxiété en cas de perte, de mauvaise couverture réseau ou de batterie faible.

Selon une autre étude britannique, 66% des personnes interrogées sont accros à leur mobile et ne peuvent pas s’en séparer. La nomophobie touche en majorité les femmes à 70% et les 18-24 ans à 77%.

Angoisse, respiration plus courte, nausées, tremblements, accélération du rythme cardiaque, le nomophobe est pris de panique à l’idée d’être séparé de son mobile ou de le perdre. En 2006, le Professeur Sergio Chaparro du New Jersey avait déjà constaté l’existence d’un phénomène à grande échelle de dépendance psychologique aux téléphones portables après avoir mené des recherches auprès d’étudiants.

Dans une étude intitulée « The impact of iphone separation on cognition, emotion and physiology » publiée le 8 janvier 2015, Russel Clayton, doctorant à l’université du Missouri, s’étend sur cette nomophobie et arrive à deux conclusions :

  • Le smartphone est devenu « une extension de nous-même » si bien qu’on peut parler d’ « iSelf », de « soi connecté ».
  • Privé de son mobile, le nomophobe a l’impression d’avoir perdu une part de lui-même, et cela peut avoir un impact négatif sur ses performances mentales.

Cette année, Théâtre à la Carte s’est penché sur le sujet et a demandé à Jean Cartier, scénariste et comédien, de créer une saynète en lien avec ses nouveaux enjeux. Droit à la déconnexion, frontière entre vie privée et vie professionnelle : les nouvelles technologies nous offrent un merveilleux panel d’outils pour mieux travailler… Mais comment les utiliser à bon escient ?

Retrouvez la saynète « Des connexions » de Jean Cartier pour sensibiliser sur les nouvelles technologies et comprendre comment gagner en temps et en efficacité grâce à ces nouveaux outils.