Le stress au travail, un défi collectif

Le stress au travail a un impact négatif sur la santé des employés mais aussi sur celle de l'entreprise.

C’est le thème de la prochaine journée mondiale de la sécurité et la santé au travail qui se tiendra le 28 avril 2016. Retour sur la santé en quelques chiffres.

L’INRS a publié une étude qui permet d’évaluer, pour la première fois, le coût global du stress au travail sur une année. Cette étude identifie un coût de 3 milliards (en prenant en compte les salariés exposés pendant au moins 50 % de leur temps de travail au stress) et de 1,9 milliards d’euros pour les salariés (27,8 millions de personnes) exposés pendant au moins 75 % de leur temps de travail au stress.

L’INRS a étudié plus précisément l’impact du stress pour les employés qui y sont confrontés pendant plus de 50% de leur temps. Les chiffres parlent d’eux mêmes : les soins de santé représentent près de 200 millions d’euros et l’absentéisme près de 1300 millions d’euros. Il en ressort que l’absentéisme est le facteur qui coûte le plus cher. Le Bureau International du Travail évalue jusqu’à 3%- 4% du PIB des pays industrialisés le coût du stress avec par exemple les arrêts maladie, les médicaments, la perte de productivité,… Le BIT arrive à un résultat pour la France de 60 Milliards d’euros.

Un article sur le site de Francetvinfo dresse le profil des personnes exposées au burn-out.

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Des enjeux sociétaux

Le stress au travail a un impact négatif sur la santé des employés mais aussi sur celle de l’entreprise. Les facteurs de stress sont nombreux : grosse quantité de travail et petit salaire, bruit, manque d’autonomie, hiérarchie mal définie, peur de se faire renvoyer, compétition ou conflits entre les membres du personnel…

Selon la psychologue clinicienne Luce Janin-Devillars, une des clés de la réorganisation d’une entreprise à moindre coût, est le management et en particulier le management de proximité. Beaucoup de Risques psychosociaux (RPS) ont notamment pour origine la perte de sens du travail. On parle ainsi du management comme « solution », même si comme le souligne David Bégard, directeur du Cabinet Cadence Conseil, les managers sont souvent atteints par ces mêmes problèmes.

Des prise de consciences émergent dans les entreprises comme par exemple Pepsi qui prône «la santé et le bonheur au travail» en formant ses managers, en aidant ses salariés a retrouver l’équilibre entre vie professionnelle et privée, en introduisant les micro siestes pour le repos de ses salariés,… Les entreprises essayent de réagir en formant ou en sensibilisant leurs équipes, mais sans impulsion des dirigeants, la tâche reste compliquée. On parle donc bien d’un défi collectif ! Les initiatives unitaires ne feront pas suffisamment avancer l’entreprise.

Visant le burn out au cœur des débats depuis quelques années, l’Assemblée Nationale a adopté en août 2015 l’idée qu’une maladie psychique peut être reconnue comme maladie professionnelle. Il s’agit là d’un début de reconnaissance d’après François Rebsamen (ancien ministre du travail), qui précise que le burn out ne figurera pas pour le moment au tableau des maladies professionnelles. Cette loi demandera une étude au cas par cas des dossiers. Le travail n’est donc pas finit, il reste à fixer les modalités permettant la reconnaissance de cette maladie par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).

L’holacratie : à l’opposé du système pyramidal top-down

Ce terme vient de Holons, signifiant «le tout» en grec, et Cratie, «le pouvoir». C’est Brian Robertson qui a développé le concept de système holacratique en 2001 lorsqu’il travaillait au sein de son entreprise de productions de logiciels, Ternary Software. Il souhaitait ainsi mettre en place des mécanismes de gouvernance plus libres et plus agiles. Ce paradigme organisationnel consiste donc à supprimer la hiérarchie pour laisser plus d’autonomie aux salariés.

La biscuiterie Poult a mis en place ce type d’organisation. Camille Panassié, en charge du management de l’innovation, précise que ces changements ont étés très bien accueillis et ont par exemple permis l’obtention de nouveaux marchés qu’ils n’auraient pas forcément gagné.

La société Scarabée Biocoop est également passée à l’holacratie. Isabelle Baur, présidende du directoire, nous explique qu’elle trouvait leur organisation obsolète, que les échanges et les démarches étaient compliqués et qu’elle trouvait que quelques managers en place se comportaient comme des «chefaillons». Elle souhaitait un système d’organisation fluide, remettant l’homme au centre de l’organisation. En trois mois, Isabelle Baur dit avoir traité 2000 tensions opérationnelles et fait germer de nombreuses idées !

Ces entreprises «libérées» ont des résultats époustouflants : croissance, bonheur au travail, prospérité… Le tout bien souvent impulsé et soutenu fortement par les chefs d’entreprise. Il est nécessaire de faire assimiler les avantages de la réduction du stress au travail et le fait que la mise en place du « bonheur au travail » n’est pas synonyme de perte d’argent mais bien souvent d’économie voir de gain. Le mot libération fait souvent peur aux dirigeants mais comme le dit le directeur commercial d’IMA technologies : « que signifie libérer son entreprise? Le principe est le suivant: libérer la créativité des collaborateurs pour accroitre la performance de l’entreprise ».

Avant d’arriver massivement à ce type d’approche dans nos entreprises, il est d’ores et déjà important de dédramatiser et de sensibiliser, notamment par l’écoute et la formation. Théâtre à la Carte s’engage auprès de ses clients sur ce domaine.