Je suis de la Génération Égalité, et vous ?

4 minutes de lecture pour : Comprendre ce qu'on entend par la "Génération Égalité" et connaître les derniers chiffres clés sur le sujet.
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10 février 2020, co-écrit par Inès Vautier et Mathilde Arnaud, consultantes égalité professionnelle chez Théâtre à la Carte.
Temps de lecture : 4 minutes

Je suis de la Génération Égalité, et vous ?

Je suis de cette génération qui demande de la reconnaissance.
Je suis de cette génération égalité qui réclame des droits.
Je suis de cette génération égalité qui veut de la sécurité.
Je suis de cette génération égalité qui demande de l’autonomie.
Je suis de cette génération égalité qui réclame des opportunités et des chances égales.
Je suis de la “Génération Égalité” qui exige que la parité soit considérée comme norme universelle.

En tant que jeune femme d’une vingtaine d’années, je suis de la Génération Égalité et c’est cette notion d’égalité que vous retrouverez tout du long de cet article, une notion qui me tient particulièrement à cœur. Depuis des décennies, les femmes se sont battues pour avoir les mêmes droits que ceux des hommes. Et pourtant à l’aube de 2020, persistent de nombreuses inégalités, notamment de genre.

En tant que jeune femme d’une vingtaine d’années, je ne veux pas que naître femme me porte préjudice, je veux du respect et de la tolérance.
Toutefois et avant d’aller plus loin, il me paraît important de clarifier que la nouvelle génération de femmes ne souhaite pas la “suprématie féminine” mais bien l’égalité des sexes où les hommes et les femmes bénéficient des mêmes droits, des mêmes chances et de la même reconnaissance.

2020 est une année riche : nous célébrons les anniversaires de trois évènements majeurs qui ont marqué l’histoire des droits des femmes.

Hubertine Auclert, George Sand, Eva Peron, Simone Veil, Lydia Becker, Marie Curie, Frida Kahlo, Malala Yousafzai… Que partagent-elles ? Une vision d’un monde, où l’homme et la femme se trouvent sur un pied d’égalité.

Ces figures clés ont marqué l’histoire par leur mode de pensée et ont permis une avancée colossale dans l’acquisition des droits des femmes. De la création d’un baccalauréat unique, à la suppression de la notion de “salaire féminin”, au droit de vote, à l’IVG ou encore la reconnaissance du principe « à travail égal, salaire égal » en 1972, la situation sociale de la femme n’a cessé d’évoluer depuis la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges en 1791.

C’est ainsi qu’est née la Journée Internationale des droits des femmes, officialisée en 1977 par les Nations-Unies, et c’est en partie en leur mémoire que nous la célébrons encore aujourd’hui.

Le 8 mars s’inscrit comme la journée de manifestation internationale, et représente l’occasion de faire un bilan.

Suffragettes

 Alors, 43 ans plus tard quels sont les résultats ?

 Nos sociétés ont sans nul doute largement évolué en 43 ans, en grande partie grâce aux nombreuses lois et mesures qui ont été adoptées comme, la loi relative à l’égalité salariale de 2011, le Programme d’action de Beijing de 1995, la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU de 2000.
Pour autant, de nombreuses études constatent que des inégalités de sexe sont encore présentes ; en voici deux relativement récentes qui l’illustrent :

D’après un article de Plan International de 2019, « 77% des jeunes dans le monde ni scolarisés, ni employés, ni en formation ou en apprentissage sont des femmes. Elles sont les premières victimes de la précarité économique, elles demeurent souvent exclues de l’accès aux études et au marché du travail ».

D’après l’ONU et l’OIT, 2/3 des analphabètes dans le monde sont des femmes, alors même que le droit à l’éducation et à la formation professionnelle est reconnu par l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Un contexte international avancé sur la question de l’égalité : l’anniversaire de 3 évènements majeurs célébré en 2020

Nous vous proposons de revenir sur 2 mesures qui ont vu le jour pour encourager les pays à atteindre une parité complète entre les hommes et les femmes.

1-La résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU
20ème anniversaire de la résolution 1325

Suite au constat démontrant que de nombreuses filles et femmes étaient sujettes à des violences récurrentes lors des conflits armés, l’ONU a dès lors garanti la protection, la participation de celles-ci aux accords de paix avec une plus grande représentation de la gente féminine dans la prise de décision de ces derniers.
À date, 192 États membres de l’ONU ont adopté cette résolution.

2-La Déclaration et le Programme d’action de Beijing
25ème anniversaire de la Déclaration et le Programme d’action

En 1995, se tient à Beijing la 4ème Conférence mondiale pour les femmes, un évènement majeur réunissant 17 000 participantes et 30 000 activistes venu(e)s du monde entier, soit 189 gouvernements avec pour objectif : l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes partout dans le monde.

C’est après 2 semaines de débats mouvementés, que le programme révèle sa vision du monde de demain : « Le Programme d’action projette un monde où chaque femme et chaque fille peut exercer ses libertés et ses choix et connaître et comprendre tous ses droits, notamment le droit de vivre sans violence, le droit à l’éducation, le droit de participer à la prise de décision et le droit de recevoir un salaire égal pour un travail égal. » d’après un article de l’ONU Femmes.

 Un contexte légal national et européen en faveur de l’égalité des sexes

Cette notion de parité est prise très au sérieux dans l’Union Européenne, en témoignent la loi Copé-Zimmermann, les Traités européens de 1957 ou encore la récente loi islandaise qui oblige les entreprises de plus de 25 salariés à prouver qu’un homme et une femme touchent le même salaire pour le même poste à compétences égales.

Ces pensées révolutionnaires marquent un nouveau départ en faveur des droits des femmes et s’avèrent très novatrices pour l’époque. S’en sont suivis des changements sociétaux importants.

Alors 43 ans plus tard, dans quelle mesure ces changements sociétaux se traduisent-ils dans le monde professionnel ?

En 2018, le journal LesEchos mentionne que les hommes gagnent 18,6% de plus que les femmes, et 10% de plus à compétences égales. Comment expliquer ces chiffres ?

D’une part, l’accès des femmes aux postes à très haute responsabilité et la représentation de ces dernières dans les Comités exécutifs est encore très faible. Seulement 20% des femmes sont au COMEX en 2017 contrairement au 40% initialement énoncé par la loi Copé-Zimmerman.

D’autre part, les femmes font face à un phénomène sociétal nommé le ‘Plafond de verre’.
Si la notion de plafond de verre – une raison ‘’extérieure’’ empêchant les femmes à accéder à certains postes – est connue de tous et toutes, deux autres raisons, qui elles, sont ‘’intérieures’’, sont à considérer : l’autocensure et le syndrome de l’imposteur auxquels davantage de femmes que d’hommes sont confrontés. « Le syndrome de l’imposteur se manifeste par un doute constant et maladif chez les personnes qui en sont victimes, ces doutes les incitent à nier la propriété de tout accomplissement qu’il soit professionnel ou privée » comme le définit Passeport Santé, Ministère des Solidarités et de la Santé.

Ce sont sur ces nombreux chiffres que chez Théâtre à la Carte nous concevons nos déroulés de formation et nos actions de sensibilisation. En tant que société de conseil en communication, nous accompagnons les organisations privées et publiques dans l’établissement et la réalisation de leur plan d’action en faveur de l’égalité professionnelle. Nous les aidons à remonter leur score à l’index d’égalité professionnelle, à promouvoir la mixité dans leurs équipes, et à sensibiliser les femmes autour des freins qu’elles peuvent connaître. Qu’il s’agisse de formation pour les managers, ou d’action de sensibilisation pour l’ensemble des collaborateurs, nous abordons le sujet grâce à notre expertise de plus de 27 ans de recherches et d’interventions chez nos clients : l’égalité professionnelle et la mixité sont de véritables facteurs de performance pour les organisations.

Aujourd’hui, les femmes font de plus en plus face à la notion de sexisme ordinaire ; définie par Brigitte Grésy dans son Petit Traité contre le sexisme ordinaire : « Le sexisme ordinaire, ce sont des stéréotypes et des représentations collectives qui se traduisent par des mots, des gestes, des comportements ou des actes qui excluent, marginalisent ou infériorisent les femmes. ». Aussi, le sexisme ordinaire dans le cadre professionnel est défini et interdit par le Code du travail, article L1142-2-1 : « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».
Par ailleurs, des femmes ont dénoncé ce phénomène et de nombreux cas ont été révélés par les médias depuis l’affaire #Metoo.

En 2019, un sondage a été réalisé dans 5 pays de l’Union Européenne révélant que 60% des femmes ont été touchées par le sexisme au cours de leur carrière.

Malgré ces phénomènes persistants il existe, en France, des mesures qui obligent les entreprises à réévaluer les salaires et à faire preuve d’une égalité totale pour travail et compétences égales.

Dans ce sens est créé l’Index de l’égalité Femmes-Hommes en 2019 et actualisé en 2020, qui concerne toutes les entreprises d’au moins 50 salariés. Les entreprises doivent calculer et publier leur Index d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes chaque année avant le 1er mars.
Si le score est inférieur à 75 points (sur 100), l’entreprise doit prendre des mesures correctionnelles et si celles-ci ne sont pas mises en place alors elle est soumise à une sanction.

Ont également été mis en place des labels afin de récompenser les entreprises ayant des résultats dans la promotion de l’égalité professionnelle. Parmi ces labels, nous retrouvons celui de l’AFNOR, crée en 2004, imaginé et conçu en partenariat avec l’État.

Ayant pour objectif de contribuer à la diminution de ces chiffres, nous avons conçu différents modules permettant de travailler autour de ces notions. D’une part pour les distinguer avec un degré de précision adapté en fonction du public ciblé ; et d’autre part pour aider les entreprises à répondre à leur obligation de résultat en matière de protection de la santé physique et mentale des salariés. En effet, l’employeur ne doit pas seulement diminuer le risque, mais l’empêcher et le faire cesser. Par exemple, dans le cas du sexisme ordinaire, nous prenons le parti d’accompagner, à l’occasion d’une toute nouvelle formation d’une journée, les référents nouvellement nommés en matière de lutte contre les agissements sexistes et le harcèlement sexuel. Aussi, nous travaillons main dans la main avec certaines organisations pour opérer un véritable plan d’action sur plusieurs mois en blended learning : de la formation à distance avec notre e-learning à visage humain, de la sensibilisation “grand public” en présentiel sous le format de conférence théâtralisée puis avec des modules types ateliers pour ancrer les messages et approfondir certaines notions.

En tant que jeune femme de la Génération Égalité, je m’informe, je lis et j’écoute des médias alternatifs qui illustrent le constat assez révoltant auquel nous faisons encore face en 2020 : un problème de mentalité et d’éducation. C’est en tout premier lieu le podcast “YESSS” que j’ai choisi de présenter dans cet article qui dénonce ce genre de comportements et qui figure dans mon top 5, que ce soit dans sa manière de traiter le sujet de l’égalité des sexes, que dans ses contenus très inspirants. Son ton engagé et encourageant permet aux femmes victimes de sexisme de s’affirmer et de prendre conscience qu’elles ne sont pas des victimes.

Dans l’épisode 2, intitulé ‘Warriors au travail’, les animatrices Anaïs Bourdet, Elsa Miské et Margaïd Quioc recueillent les témoignages de femmes allant de 19 à 50 ans, leurs réactions, leurs réponses et leurs retours d’expérience face à ce sexisme quotidien rencontrés au cours de leur carrière.

Le deuxième média que j’aimerais mettre en avant ici est cette web-série intitulée “Le Meufisme”.

Le Meufisme c’est une web-série de 3 saisons sur Youtube qui a pour objectif de démolir les clichés inhérents aux femmes. Drôle, instructif et rafraîchissant, on s’identifie facilement à Jolene, l’héroïne de la série, qui nous permet de décomplexer et d’assumer le fait que : non une femme n’a pas à toujours être parfaite.

Dans l’épisode 1 de la saison 2, Jolene fait face à un choix cornélien… Que faire quand, au bureau, son statut de femme définit son poste, ses missions, sa manière de s’habiller ou encore ses projets personnels. Face à un patron machiste, Jolene va prouver qu’une femme ne se résume pas à avoir “un joli minois”.

Le mot de la fin “Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes”

Ainsi, cette journée des droits des femmes sur le thème de « Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes » permet de faire évoluer la conscience collective autour des biais inconscients, des stéréotypes de genre et de sexe auxquels les organisations font encore face. Et en ce sens, une évaluation internationale sera faite afin de mesurer les progrès réalisés en faveur des droits des femmes depuis l’adoption du Programme de Beijing.

Qui plus est, le thème de cette année s’associe à la campagne Génération Égalité de l’ONU Femmes qui prévoit un monde où l’égalité des sexes est la norme.

 

 

SOURCES :