2016, l’année de la transformation digitale

La transformation digitale est également une transformation sociale qui impacte profondément toutes les activités des entreprises sur le fond mais également sur la forme.

Transformation digitale ou numérique, on ne parle que de cela. Pourtant, à bien y regarder, les transformations qui traversent les entreprises ne touchent pas qu’à la numérisation des outils de communication, de vente, de travail. Il s’agit plutôt d’une transformation sociale qui impacte profondément toutes les activités des entreprises sur le fond mais également sur la forme.

C’est quoi la transformation digitale ?

Dans beaucoup d’entreprises, la transformation numérique s’est limitée jusque ici à mettre au point de nouveaux canaux de vente et à repenser la relation client sous le prisme d’applications mobiles. Et effectivement les mots laissent à penser qu’il ne serait question que de mettre en place des outils numériques.

Il est certainement rassurant de penser que la transformation est avant tout de nature technologique et donc l’affaire des DSI mais si on regarde la réalité en face, il faut admettre que cette transformation est  avant tout sociale. Les consommateurs évoluent : ils sont devenus zappeurs,  mobiles, insaisissables et les entreprises redoublent d’innovations pour les séduire, les toucher partout et tout le temps. C’est pourquoi, plus que d’une révolution technologique, il s’agit véritablement d’une révolution du travail qui, à ce titre, impacte directement les directions des RH et les services formation. C’est ce que confirme une étude du cabinet Markess menée entre juillet et septembre 2015 auprès de 105 DRH interrogés en amont du salon Solutions RH : 2/3 d’entre eux estiment qu’ils ont un rôle majeur à jouer dans la transformation numérique de leur société. La même proportion estime que l’impact de la transformation digitale sur l’entreprise est fort.

Si comme on l’entend de plus en plus, l’idée est que les entreprises prennent en exemple les modes de fonctionnement des start-up, alors on comprend bien qu’il ne s’agit pas de mettre en place de nouveaux outils mais de repenser l’organisation même de l’entreprise. Cette révolution concerne notamment de nouveaux rapports au travail et à la hiérarchie. La « Génération Z » qui arrive sur le marché du travail est en parfaite adéquation avec ces modes de travail où la frontière entre vie privée et vie professionnelle est plus floue et où la hiérarchie est moins pyramidale, plus « flat ». Parce que beaucoup d’entre nous ont complétement et naturellement fait évoluer leur comportement en adoptant des nouveaux canaux de communication, il est facile de penser que la bascule en entreprise se fera très facilement. Et c’est ici que peuvent apparaître les problèmes.

Tout le monde n’en est pas au même point : entre les « digital native » multitâches, dont le cerveau et les pouces sont connectés à leur Smartphone et qui ont totalement intégré ces applications dans leur vie quotidienne et ceux, qui détenteurs d’un Smartphone comme 79% des 25-39 ans peinent à ouvrir un compte sur l’application d’un VTC, le fossé est vertigineux. C’est un facteur qu’’il faut intégrer : tout le monde n’en est pas au même point (et l’âge joue un rôle majeur) au niveau de la maîtrise des outils et tout le monde n’a pas les même attentes et les mêmes besoins.

Comme le précise Gean Cartier à propos de sa pièce Des connexions : « difficile de passer à côté de la transformation numérique de la société : du frigo qui fait les courses, au pot de fleur qui envoie des SM quand il n’y a plus d’eau, nous sommes tous concernés dans nos gestes quotidiens ». Pourtant, on ne peut pas partir du postulat que tout le monde maîtrise et a intégré les outils dans sa vie quotidienne et qu’il suffit de créer des outils équivalents en interne pour que cela fonctionne. L’enjeu est différent : on parle ici de l’acquisition d’une culture numérique identique à tous les collaborateurs d’une même entreprise. Pour certains, cela va être très facile parce qu’il l’ont « toujours fait », pour d’autres, c’est une révolution culturelle. Et pour tous ceux à qui on demande de faire évoluer leurs méthodes de travail, ce changement va générer une recherche de sens : « pourquoi on me demande de faire ça ? Qu’est ce que mon service, mon entreprise va y gagner ? Qu’est ce moi je vais y gagner ? De quoi dois je faire le deuil pour avancer ? »

Transformation numérique : pourquoi faire, plutôt que comment faire.

Ca ne vous rappelle rien ? L’accompagnement du changement. L’idée est très simple : Si on attend des salariés qu’ils modifient profondément leur posture, leur organisation, il est préférable de les accompagner, de les sensibiliser à la nécessité, aux bénéfices, aux enjeux du changement attendu. Il est essentiel que l’entreprise comprenne les résistances inévitables pour les accepter ou les solutionner avec les collaborateurs.

L’accompagnement est au cœur des réussites de tous les projets transformation des entreprises. Même si les mots sont nouveaux (cloud, workflows, fullweb, database, wiziwig…) même et surtout si les transformations sont profondes et impactent la stratégie de l’entreprise, on parle toujours de changement qu’on le nomme numérique ou digital. On parle simplement de changement. Et comme pour chaque changement, la proposition de valeur et de sens précède la maîtrise technique. Autrement dit, avant de former les salariés au comment faire, mieux vaut les former au pourquoi faire. Comme pour les autres transformations qui traversent les entreprises, le top management et leurs relais sur le terrain auront un rôle déterminant pour  convaincre et embarquer les équipes dans cette révolution. Alors oui, 2016 sera certainement peut-être le tournant de ce qu’on continuera d’appeler « la transformation numérique » : après avoir compris l’importance de la révolution en cours, les entreprises « intelligentes » mettront en face des accompagnements à la hauteur des enjeux.

Pour finir, découvrez un exemple de transformation digitale réussie à la direction Orange Centre Est. En formant ses collaborateurs avec une Digital Academy, en impliquant les équipes avec des référents terrain et en les équipant au même niveau de technologie que celle qu’elle vend à ses clients, Orange met l’humain au coeur de sa stratégie… Et c’est une bonne nouvelle !