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Le lady boom : en route vers l’égalité

Le texte de loi Copé-Zimmermann, datant de 2011, est clair : au 1er janvier 2017, le pourcentage de femmes dans les conseils d’administration des entreprises de plus de 500 salariés (côtées ou non) devra atteindre les 40%.

Les entreprises de plus de 250 salariés auront 3 années supplémentaires pour atteindre ces quotas. Au delà de cet objectif, quelle est la réalité aujourd’hui ?

État des lieux

Une étude publiée par le cabinet Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL) en fin d’année 2015 précise qu’il manque encore 165 administratrices dans les conseils d’administration des sociétés de l’indice SBF120 pour atteindre la proportion de 40% exigée par la loi dans un an. La part des femmes dans ces conseils d’administration des entreprises du SBF120 dépasse les 33%, en augmentation constante depuis 2009. Pourtant, en 2015, seules 3 femmes présidaient un conseil d’administration d’une de ces sociétés.

Si l’on regarde les entreprises du CAC40, le constat est simple. Il n’y a jamais eu de femme PDG. Cependant, le nombre de femmes présentes dans les instances dirigeantes de ces entreprises côtées a presque doublé en 5 ans, notamment grâce à cette loi Copé-Zimmermann. Ainsi plus de 34% des membres des conseils des sociétés du CAC40 sont des femmes. Au niveau mondial, le constat est différent. Une étude récente montre qu’il y a uniquement 9% des PDG qui sont des femmes et que nous pouvions espérer atteindre les 33%….. en 2040.

Certaines entreprises prennent les objectifs fixés par la loi très au sérieux et des objectifs clairs sont établis en interne. Michel Landel, directeur général de Sodexo « Tant que nous n’aurons pas 50% de femmes parmi nos 1200 principaux dirigeants nous ne serons pas satisfaits ». Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher souhaitent féminiser les comités exécutifs du groupe ENGIE à hauteur de 30%. Au sein de Renault, l’objectif d’atteindre 25% de femmes parmi les 200 personnes les plus importantes de la société d’ici la fin de l’année a été inclus dans le plan de performance du groupe.

Le sociologue Serge Moscovici pense qu’il faut atteindre le seuil minimum de 30% pour qu’un groupe minoritaire puisse réellement peser dans les décisions d’un groupe. A ce jour, seules 4 sociétés du CAC40 ont atteint (ou dépassé) ce seuil. Il s’agit d’Orange, de L’Oréal, de Carrefour et de Kering.

De nombreuses opportunités

Carole Lambert, associée chez Deloitte, pense « qu’une majorité d’entreprises auront atteint l’objectif fixé par la loi. Mais même si certaines n’y parviennent qu’en 2019, ce qui importe surtout, c’est que la féminisation de leurs instances dirigeantes continue à progresser ». C’est une évidence, dans un monde en pleine mutation comme le notre, la mixité apporte toujours plus d’opportunités que de contraintes. La « compétence » reste la valeur fondamentale dans le monde du travail et cette dernière ne possède pas d’origine ethnique et est également asexuée.

Marie-Jo Zimmermann, rapporteuse de la proposition de loi, estime que cette loi « a permis une prise de conscience. Puis on est passé de la prise de conscience à la mauvaise conscience ». En utilisant l’un ou l’autre de ces leviers, positifs ou négatifs, les entreprises sont aujourd’hui en majorité toutes en voie de féminisation. Certains blocages subsistent, notamment dans les entreprises des secteurs plus techniques. De plus, Marie-Jo Zimmermann reconnaît que « la féminisation des instances dirigeantes exécutives demeure très inférieure à celle des conseils d’administration ».

Passé les obligations de la loi Copé-Zimmermann, il est intéressant de constater les bénéfices pour les entreprises. Ces dernières se sont dépassées et toujours selon Carole Lambert, « certaines en ont profité pour s’internationaliser pour aller à la recherche de nouvelles administratrices ». On a d’ailleurs constaté ces dernières années un fort développement des réseaux féminins au niveau national mais également au niveau mondial.

Pour conclure, « la loi a fissuré le plafond de verre et les femmes mettront plus de temps à investir les comex et les codirs. Mais dans 3 ou 4 ans, la situation aura bien changé » promet Marie-jo Zimmermann. Carole Lambert, quant à elle, précise que « de nombreuses études ont aussi prouvé que les équipes mixtes fonctionnement mieux et sont plus créatives ». Un message qui devrait résonner dans toutes les sociétés à la recherche d’un nouveau souffle et, quoiqu’il en soit, obligées de se soumettre à la loi.